Saturday, December 30, 2017

4ON Bengaluru, India | 9 ème vol | AF192-191

Pour ceux qui suivent mes aventures, vous devez sans doutes vous interroger sur la pertinence de mes jérémiades lors de l'article précédent (Buenos Aires), si d'autres vols étaient en réalité prévus. Dans les faits, lors de ce supposé "dernier" vol, je n'avais pas encore été mise au parfum de ma reprise pour les vacances de noël, et n'ayant par ailleurs qu'une semaine de disponible, je n'avais donc que peu d'espoir quant à l'éventualité d'être rappelée. Mais finalement, et pour mon plus grand bonheur : l'aventure AF, bien que brève, continue. Mais trêve de justifications, entrons dans le vif du sujet 😁 

24 décembre - J'avais en principe prévu large, je voulais avoir le temps de papoter un peu avec mes 2 amis PCB (Romain qui part avec moi sur le vol de Bangalore, et Sofiane, qui a un vol à la même heure, mais pour San Francisco) à la cité PN (personnels navigants). Mais je n'arrive finalement qu'un quart d'heure avant le briefing de 9h, faute à la circulation, ou à mon mauvais calcul du timing. J'envoie donc dès mon arrivé ma valise sur le tapis, récupérant au passage, la notice escale, et accompagnée de mes 2 acolytes, direction nos salles de briefing respectives. 
Premier vol vers l'Inde pour Romain et moi, et ce n'est, il faut l'avouer pas de tout repos, habituellement, nous avons deux choix de repas, et quelques repas spéciaux, mais sur un vol comme celui-ci, la majorité des passagers a en amont réservé un repas spécial. Il faut donc jongler entre les plats végétariens (avec/sans laitage, œufs), halal, hindou, casher ... et j'en passe. Nous commençons donc par mettre des étiquettes "végétarien" sur les sièges, pour être plus efficace lors du service. Il y aura tout de même un loupé, et un passager mécontent de ne pas avoir eu son plat végétarien pré-commandé. Mis à part cela, le vol s'est passé dans de bonnes conditions pour une reprise, la bienveillance et solidarité de l'équipage y est d'ailleurs pour beaucoup. 
00h30 : 10h de vol plus tard, avec en bonus un mal de pieds épouvantable, nous arrivons enfin à Bangalore, la température est plus fraîche et moins lourde que ce que j'avais imaginé. L'hôtel au style britannique nous accueil chaleureusement avec une décoration de noël brillant de mille feux. Cela ne nous enlèvera pas à Romain et moi, la mélancolie d'être pour la première fois, loin de nos familles, lors de ce réveillon, mais disons que ça permet de l'adoucir. Nous regagnons donc nos chambres pour un rapide facetime avec nos familles respectives, j'en profite pour commander des cheeses nan avec un peu de poulet massala, pour ne pas du tout faire dans le cliché indien. Il est 4h du matin, et après avoir élaboré le planning de visites touristiques pour le lendemain, je sombre dans les bras de Morphée pour une courte nuit de sommeil. 


25 décembre - Le réveil était prévu pour 9h, mais la fatigue aura eu raison de nous, nous descendons donc au petit déjeuner pour 10h15. Après s'être rempli convenablement le ventre, mode touristes : activé. Amir, un ami qui était présent lors de Buenos Aires (pour ceux qui ont bonne mémoire), est également en Inde, il nous rejoint donc pour cette escapade touristique. Nous commandons un uber, 4 min d'attente, puis 7, 9 et enfin 17 min d'affiché. Soit il s'est égaré, soit la circulation indienne fait honneur à sa réputation. 
Nous patientons donc devant l'hôtel, le voiturier s'avance vers nous, l'accent indien nous mettant quelque peu à mal, nous comprenons sans certitude, que notre uber arrive. Effectivement, une voiture s'approche, je regarde la plaque, puis secoue la tête, en me rasseyant et en informant Amir et Romain que ce n'était pas notre uber. 
Quand soudain, on aperçoit descendre de cette même voiture, le (14 ème) Dalaï Lama, je cligne plusieurs fois des yeux pour m'assurer que ce n'est pas un mirage, puis je m'empresse de m'approcher pour le voir de plus près. Il s'avance quelque peu affaibli, vers l'entrée de l'hôtel, puis marque subitement un temps d'arrêt, se tourne vers moi, me fixe en souriant, et me montrant du doigt interjette un "YOU!".  Plusieurs choses me traversent l'esprit à ce moment là : 1- la fatigue ne me réussi pas, je rêve toute éveillée 2- je suis en train de me faire réprimander par le Dalaï Lama, parce-que je le film sans son accord ? ça m'apprendra à snaper h24    3 - Il désigne une personne derrière moi. 
Aucune de ces réponses n'est correcte. Pendant que je cogite, il réitère son : "YOU!" et me fait signe de m'approcher. Me tendant la main, il me demande d'où je viens. L'instant est tellement fortuit, exceptionnel et invraisemblable, que j'arrive difficilement à réaliser ce qui est train de se produire.  J'arrive tout de même à brièvement échanger avec lui, je n'avais jamais ressenti une telle énergie, douce, et forte à la fois, qui vous transmet la sienne par le biais de sa main. Et cette aura si particulière. 
J'abuse même de sa gentillesse pour avoir l'accord d'immortaliser ce moment hors du commun. Je savais que sans un cliché, j'aurais moi-même du mal à croire que cet instant s'est produit ailleurs que dans mon imaginaire. 

Cette rencontre avec le 14ème Dalaï LamaTenzin Gyatso, la plus haute autorité spirituelle dans le monde du bouddhisme, marquera immuablement ce voyage en Inde, et surtout la fin de cette année 2017. Quoi de mieux qu'un moment aussi magique, intemporel et émouvant, pour appréhender 2018? 
Après avoir retrouvé nos esprits, nous rejoignons notre uber, qui d'ailleurs, a finalement bien fait d'arriver en retard. Comme quoi : "La vie est souvent comme ça. Faite d'étranges rebondissements, de coïncidences, d'accidents qui se révèlent être des bénédictions." 
Direction Malleswaram market, en quête du Sari de mes rêves, que je mets plus de 2h à trouver, négocier, et faire reprendre par un tailleur, merci les garçons d'avoir eu la patience de m'accompagner dans mes caprices bollywoodiens 😇. 
Nous nous perdons aussi un peu dans les rues, et tombons sur de "petits" temples de quartier. 
Après cette petite virée shopping, nous nous dirigeons vers le palace de Bangalore, qui sera le plus grand périple de la journée, (oui oui encore plus que la quête de mon sari) puisque l'aimable tuktuk nous dépose en plein milieu de la route... Avec en effet l'entrée vers le palace de l'autre côté, mais doté d'un terre plein central, et pas des moindres, nous séparant de notre cible. Impossible donc de traverser, nous mettons quasi 1h pour contourner la route, et faire le tour du jardin. Essoufflés et prise pour ma part d'une allergie, dû certainement à la poussière, nous voilà enfin devant ce fameux palace, qui est implanté au milieu d’un vaste parc appartenant toujours aux descendants des Maharadjahs Wodeyar. Il a été bâti sur le modèle de Windsor en 1887, dans le style Tudor. 
De retour à l'hôtel, nous retrouvons l'équipage pour faire quelques courses, je mise sur les huiles de soins capillaires et quelques épices. Sur le chemin du retour, je fais part au CCP (chef de cabine principal) que j'ai vu le Dalaï-Lama, il me demande " à la tv?", comprenant par mon sourire en coin, que ce n'était pas le cas, il me maudit gentiment, puis se réjouit de notre rencontre fortuite, il guettera par ailleurs "the Holiness", le lendemain à l'aube au lobby, mais n'aura pas la même chance que nous. 
Le soir venu, parée de mon sari, je rejoins avec mes deux acolytes, l'équipage , pour un dîner de Noël. Buffet succulent, qui me fera un chouilla regretter le fait que le sari ne couvre pas totalement le ventre 😅. Blague à part, j'ai trouvé ça intriguant, de voir la majorité des femmes laisser apparaître leur ventre, alors que parallèlement à cela, dévoiler ses épaules et ses jambes est en revanche à proscrire. Comme quoi, les normes de la pudeur sont toujours différentes d'un endroit du globe à l'autre. 

26 décembre - Réveil un peu plus matinal pour profiter de la dernière journée sur place, au programme le temple Iskcon
"Ce temple spectaculaire de la secte Hare Krishna mêle éléments traditionnels et modernité, pour un résultat pour le moins étrange. La construction de ce bâtiment de béton et de verre à la coupole dorée a commencé il y a 25 ans. Pendant que les fidèles gravissent ses marches, une voix répète inlassablement " Hare Krishna, Hare Ram ". Le hall principal permet à 2 000 fidèles de contempler simultanément les idoles de Krishna et de Radha. Une petite exposition rend hommage au fondateur de la secte. Un nombre considérable de boutiques vendant des objets liturgiques se trouvent dans le temple, ce qui lui confère une atmosphère de fête foraine. A la fin de la visite, nous recevons un repas gratuit ainsi qu'une image pieuse."
Après une courte hésitation, par peur de manquer de temps, nous décidons tout de même de rejoindre le KR Market, c'est non sans mal que nous trouvons un tuktuk qui accepte de nous y déposer pour un prix correct. Et c'est sans regret que nous découvrons ce marché typique, qui permet de se plonger un peu dans la vie indienne. Les étals de fruits et légumes sont colorés, les échoppes de tissus improbables, le cadre est fantastique. C'est une ambiance absolument unique et authentique qui vaut vraiment le détour. Il y a très peu de touristes, et on le ressent d'ailleurs par les regards qu'on pose sur nous. 

Satisfaits de ce programme touristique mené à bien, nous rentrons à l'hôtel pour un moment détente au spa, puis à la piscine, suivie de l'incontournable sieste réparatrice pré-vol. 
1h de retard plus tard, nous pouvons enfin monter à bord. Le vol retour de nuit, se passe sans encombre, et les repas spéciaux sont aussi moins complexe à gérer. 
Atterrissage à CDG à 9h, assommée par la fatigue, mais heureuse d'avoir repris les vols, découvert pour la première fois l'Inde, et rencontré le Dalaï Lama, je retrouve enfin mon lit, et me laisse engouffrée paisiblement dans un sommeil profond durant 24h. 






Sunday, November 19, 2017

6ON Buenos Aires | 8 ème (dernier) vol | AF228-393


L'été a touché à sa fin (depuis un bon moment d'ailleurs, la météo ne saurait que trop nous le rappeler), et ma saison chez Air France, en tant que personnel de bord saisonnier aussi. Tristeeesse infinie. Mais toutes les bonnes choses se doivent d'avoir une fin, paraît-il.

Je sais, j'écris avec un peu de retard (2 mois et des brouettes pour ne pas être précise..), le retour à la réalité, et surtout sur les bancs de l'école a bien eu lieu, et ma saison a quant à elle pris fin depuis un moment, mais mieux vaut tard que jamais. Le défi maintenant, c'est de relater ce dernier vol à froid, avec la meilleure exactitude possible, je vais essayer pour cette fois, de faire confiance à ma mémoire, bien que parfois défaillante. 


24 août 2017 - Buenos Aires : Dernier vol de la saison. Autant dire que j'attendais beaucoup de cette dernière rotation. Entre émotions, excitation et nostalgie anticipée avant le départ en vol. 

J'arrive au briefing, et dès les premiers instants j'en ai des crampes au ventre, à force de rire. J'annonce à l'équipage que c'est mon dernier vol, et coïncidence, c'est aussi le dernier vol vers Buenos Aires de Cédric, qui rendra ses "ailes" en octobre, après plus de 30 ans de bons et loyaux services. 

Dans la navette en direction de l'avion, j'apprends qu'un ami, Amir, sera sur mon vol. Globe trotter, il revenait tout juste du Japon et l'ayant informé un peu par hasard que j'irai à Buenos Aires, il a tenté de prendre un billet, dès son arrivé à CDG (inutile de me demander où il trouve cette énergie d’enchaîner deux vol de plus de 10h, je n'ai toujours pas percé le mystère 😅).

23h - Le vol est complet, embarquement terminé, et c'est parti pour 14h dans les airs. Le service est un peu plus complexe que d'habitude, ou peut-être est-ce le vol de nuit qui amplifie le caractère complexe de la chose, idk.. bref on se mélange un chouilla les pinceaux en début du service, mais tout rentre rapidement dans l'ordre.

Une fois le service terminé, arrive la garde de 4h20 (la plus longue que j'ai eu jusqu'à présent), je suis de 1ère garde, ce qui signifie en outre, que j'aurai ma pause dans 4h20 (Appelez-moi Einstein lol). Il devait être aux alentours de 2-3h du matin. Autant dire que Morphée me faisait intensément de l’œil. 
Amir, qui est sur le vol, me tient compagnie durant cette longue garde. C'est si improbable de revoir un ami du collège dans de telles circonstances, entre deux check cabines et toilettes, on échange donc sur nos expériences respectives chez Air France, puisqu'il fait aussi partie de la "famille AF", en y étant alternant.

Après une courte nuit de sommeil, il est maintenant l'h d'entamer la 3 ème prestation (le petit déjeuner), mais de grosses turbulences, nous compliquent la tâche, et nous empressent de terminer rapidement le service.
Début de descente, je traverse la cabine pour rejoindre mon siège, lorsqu'une passagère me demande de récupérer son gilet. J'ai à peine le temps de me retourner vers le rack à bagage que je me retrouve par terre, agrippée aux sièges. Je reprends rapidement mes esprits, et m'empresse d'aller m’asseoir. Je vois au passage, un stew assit sur un passager ( non ce n'était pas une tentative d'approche, mais nous avons pour consigne, de le faire lorsque le caractère soudain et brusque d'une turbulence, nous empêche de rejoindre notre siège. Donc si un jour, un membre de l'équipage s'assoit abruptement sur vous, ne vous méprenez pas hein, sauf si bien sûr, il y a raison de se méprendre 😝).
Atterrissage imminent : généralement je suis plutôt sereine en avion, mais il faut avouer que ces turbulences frénétiques, sont plutôt impressionnantes, sans doute les plus violentes que j'ai connu jusqu'à présent.

Vendredi 25 août - 8h05 : Arrivé à destination, on peut lire sur tous les visages de l'équipage, l'envie oppressante de retrouver un lit douillet. Mais à peine le temps de poser mes affaires, enlever mon chignon tiré par 4 épingles, et prendre une douche, que je rejoins Amir pour une virée touristique (j'ai pour ma part 3 jours entiers sur place, mais il repart déjà le  lendemain, donc il faut rentabiliser le temps sur place). 



Direction Caminito de la Boca au sud de la ville, même s'il fait un temps "brouillardeux", gris, et pluvieux, on tombe sous le charme de ses maisons colorées, ses danseurs de tango et son air d’ailleurs.

Petit pause historique : "la Boca, c’est d’abord l’influence des vagues d’immigrés italiens et espagnols durant le XIXème siècle. Ces derniers vivant dans la pauvreté ont peu à peu construit des maisons avec le matériel disponible. Et puisque Buenos Aires est au bord de l’océan, les nouveaux arrivants ont construit leur conventillos avec les restes de matériel initialement destiné à l’entretien du port, ou des bateaux. D’où les couleurs de la Boca ! En réalité elles proviennent de la récupération de peintures destinée à refaire les couleurs de bateaux."

Après une longue balade dans les rues de la Boca, et quelques achats,  il est temps de rentrer se reposer avant le pot équipage. On tente d'appeler un uber mais il semblerait qu'il n'y en ait pas des masses dans le coin, on décide donc de prendre un taxi. Le 1er que l'on trouve semble douteux, il confirmera cette impression, en nous mettant rapidement dehors, après qu'on lui ait demandé s'il y avait un soucis avec le compteur. La seconde tentative sera la bonne, puisque nous tombons sur un adorable taximan, Gustavo, qui nous donnera même quelques conseils pour sortir. 

A peine arrivée à l'hôtel, et après une brève sieste, je me dirige vers le crew lounge, pour le pot équipage. Xavier et Ana, sont les premiers arrivés, avec Amir, on leur dit en rigolant qu'ils feraient un délicieux couple, Xavier, le sourire au coin des lèvres : "ah bon? ça tombe bien, on est marié ! ", nous qui voulions les caser ensemble, ils nous avaient devancé 😆. 
Les autres membres de l'équipage arrivent peu à peu, et des PNC d'autres vols se joignent également à nous, l'ambiance est bonne enfant, entre rires et bonne humeur. On en vient même à parler du tableau de points PCB (les vrais sauront de quoi je parle :p), ils me demandent si c'est toujours d'actualité. 😅 Et entre deux blagues, je finis par verser une petite larme (ok voire plusieurs) d'émotion (et certainement de fatigue aussi), gênant. Mais à ma décharge, je réalise peu à peu, que c'est bel et bien mon dernier vol de la saison, et que je ne partagerai sans doute plus de sitôt des moments pareils, avec des personnes qui pourtant étaient de parfaits inconnus la veille.  Ils me consolent tous avec bienveillance, et quoi de mieux pour me remonter le moral, que d'aller manger un bout! 

Direction El Establo, si vous êtes amateurs de bonnes viandes rouges, c'est l'adresse incontournable pour un bon "Bife de lomo" ou "Bife de chorizo", le cadre est rustique et authentique, le service attentionné, et les serveurs super sympathiques. Quant à la viande, elle est de qualité et cuite à la perfection. Si tendre, que le serveur la coupe même  à la cuillère. 😲 (ok, on aurait vaguement dit que j'écris un commentaire sponsorisé sur tripadvisor, mais I swear de bonne foi, je veux juste partager à quel point ce resto a régalé mes papilles hehe). Le ventre bien rempli, il est temps de rentrer faire un dodo bien mérité. 
Samedi 26 août - Seconde matinée touristique avant le retour d'Amir en France, direction Palermo Soho (ne pas oublier de préciser "soho", sinon le taxi risque de faire comme le nôtre et de vous déposer en plein Palermo, qui est plutôt vaste). Palermo soho est un sous quartier de Palermo, et est connu comme étant le quartier trendy de la ville.
Petite pause historique : Le quartier de Palermo Soho se nomme ainsi suite au boom immobilier qui a amené des créateurs de mode, artistes, galeries et restaurants dans la zone. En effet, la zone s’est transformé en véritable circuit de mode, d’art et de bonne table. La dénomination de « Soho » évoque ainsi la mythique zone de New York : SoHo, qui possède les mêmes caractéristiques. 
On ressent d'ailleurs ce côté artistique, de part les nombreux tags colorés, très présents. 
Cafe Torotoni (825 Av. de Mayo): Ce lieu mythique a été fondé en 1858 par un français, ce qui en fait le café le plus ancien et célèbre de Buenos Aires. 
Est venu le moment pour Amir de rentrer au bercail, il sera entre de bonnes mains, puisqu'on avait fait, la veille, la connaissance de l'équipage sur son vol retour, qui a l'air (presque) aussi top que le mien 😊.



Le soir venu, on dîne dans un autre steak house,"Al Carbon", plus fancy qu'El Establo de la veille, mais définitivement moins bon. Je suis même déçue de la précision de la cuisson, et de la tendresse de la viande (c'est qu'elle deviendrait exigeante la petite hehe). Même l'accueil qui est certes professionnel semble moins chaleureux. 


Dimanche 27 août - Dernière journée touristique à Buenos Aires en compagnie des membres de l'équipage, dont le couple Ana-Xavier, alias Mamou-Papou, de vrais amours, direction San Telmo. Ce beau quartier est composé de grandes maisons de style colonial, de petites rues pavées, et de ses antiquaires, qui lui confèrent beaucoup de caractère et de charme.  Une atmosphère toute particulière, nostalgique qui n’est pas sans rappeler… des airs de tango !

La feria : marché incontournable qui s’étend sur 2 kilomètres et abrite plus de 250 stands. Belle ballade, où on y trouve de l’artisanat, des antiquités et d’autres marchandises diverses. Passage intéressant également pour acheter des souvenirs.
Le mercado de San telmo est également un marché incontournable. On y trouve des jouets d’antan, des antiquités, des spécialités culinaires argentines ou exotiques, des fruits et légumes.

Après une bonne balade dans ce beau quartier figé dans le temps, des churros et un chocolat chaud, retour à l'hôtel, afin de se préparer pour la dernière soirée à Buenos Aires.

Je vais discrètement imprimer des petites cartes, et remonte dans ma chambre, pour emballer les petits cadeaux que nous avions acheté, pour l'équipage. 
Je les rejoins ensuite au Crew Lounge pour le dernier pot équipage, je cache non sans mal mon gros sac de supermarché, telle une mère noël en mission (laissez-moi y croire). J'attends le moment opportun pour leur donner les cadeaux, et faire un petit discours de remerciement, mais bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. Ce soir, il y a un équipage américain, ainsi qu'italien, il y a un brouhaha sans nom, on ne s'entend que difficilement parler, et la fine équipe n'est pas au complet, ce n'est donc pas le bon moment. Mission reportée. On passe tout de même un délicieux moment, à grignoter des empanadas, à s’esclaffer et à papoter. Ils me conseillent ingénument de finir mes études, et de ne pas, entre autres, accorder trop d'importance aux personnes (à comprendre : garçons lol) qui n'en valent pas la peine, de vrais papas et mamans poules. hehe 
C'est bien beau tout cela, mais ça creuse l'appétit, et comme l'équipage avait notifié mon coup de cœur culinaire pour le "bife" de chez l"El Establo",  c'est vers ce restaurant du 1 er soir, qu'on se dirige pour contenter mon appétit. Je dois reconnaître, que je suis on ne peut plus heureuse d'y retourner, en ce dernier soir si symbolique à Buenos Aires.  

Et this is it, je vois durant l'attente des plats, le moment propice pour faire le fameux "discours", j'appréhende un chouilla que la situation ne soit arkward et un peu trop théâtrale, mais aux diables les appréhensions, je ressens le besoin d'exprimer ma reconnaissance, et de faire part de mon ressenti. Je me lève donc, les joues écarlates, un verre à la main (on se croirait à mon mariage 😅) et de manière brève mais intense, je les remercie, pour leur bienveillance, de m'avoir accueillie comme un membre à part entière de l'équipage, pour leur humour à toute épreuve, et surtout d'avoir fait de mon dernier vol de la saison, un souvenir mémorable. Je vois dans leur regard, qu'ils sont presque aussi émus que moi, et surtout Cédric, dont ce sera le dernier Buenos Aires. Ils me prennent dans leur bras, et je vous épargne les détails de l'instant bisounours so emotional... 

Lundi 28 août : Après une grasse matinée, pour prendre des forces avant le vol retour, il est temps de rentrer, j'avais préparé ma valise la veille (c'est au dernier vol que j'apprends que l'anticipation est le maître mot, mieux vaut tard... vous connaissez la suite :) , il ne me reste donc plus qu'à me doucher, manger un bout, et procéder au changement capillaire, pour passer de la fille qui est tombée du lit, à l'hôtesse de l'air exemplaire que je tente d'être. 😜 

Je retrouve l'équipage au lobby, Jean-Christophe (compagnon d'un PN(personnel naviguant), alias GP professionnel, un amour aussi btw), me fait savoir que l'uniforme me va à ravir.
La navette est là, c'est l'heure du grand départ direction l'aéroport d'Ezeiza, enfin, après qu'André me prenne en photo devant la navette ( oui oui ils avaient décidé d'immortaliser tous mes derniers moments en tant qu'hôtesse #socute) . 
Le vol retour se déroule sans encombres majeures. Les 14h étaient certes longues, et assommantes, mais comment vous dire qu'en ce dernier vol, je voulais pour une fois que le temps s'allonge, et qu'il m'octroie quelques instants de plus dans les airs, en la douce compagnie de ma fine équipe. Ils me laissent d'ailleurs même faire le message d'arrivé. 
L'heure de l’atterrissage a sonné, beaucoup moins agité que le vol aller, je rejoins donc mon siège, le regard perdu à travers le hublot, puis j'entends André qui m'interpelle, en dégainant de nouveau son téléphone pour immortaliser ce moment. 
Mardi 29 août - 11h00 : Arrivée à CDG, nous rejoignons la navette, Ana me demande de venir m’asseoir auprès d'elle, l'équipage se rassemble autour de moi, et me fait à son tour un discours, pour ensuite me tendre tout plein de cadeaux, dont un Tee-shirt Buenos Aires recouvert de mots. Le PNT (pilote), me donne même les plans de vol. J'essaye de contenir tant bien que mal mes émotions, et garder le semblant d'image, de la fille "forte" qu'il me reste😆... Mais il semblerait que la fragile au plus profond de moi, ait décidé après tant d'années d'oppression (appelez moi Kim Jong-un), de se manifester. Et donc, après avoir déjà versé à 2 reprises des larmichettes durant cette rotation, le "jamais 2 sans 3"... ne m'épargnera pas. 
Après ce moment d'émotions, je rejoins donc ma maman qui est venue me chercher, et je me tarde de tout lui raconter.

Bilan de la saison estivale 2017 : 

Cette aventure Air France s'achève donc pour cette saison estivale, et je n'ai pas les mots suffisants pour décrire cette expérience hors du commun. Je n'aurais jamais pu imaginer par le biais d'un emploi saisonnier/étudiant, découvrir les facettes d'un métier qui fascine le plus grand nombre. 
Néanmoins, être hôtesse ce n'est pas que des paillettes, mais je ne vous apprends rien, comme pour tout métier il y a des inconvénients, et des avantages. Et même si ces derniers font beaucoup rêver, il faut être conscient que la vie des PN (personnels navigants) n'est pas toujours de tout repos. Certains nous font part de l'épuisement, qui découle de cette vie entre deux fuseaux horaires, d'autres dégagent une passion inébranlable pour leur métier.  Je suis d'ailleurs si admirative quand je vois des personnes qui, après 20-30 ans de carrière, éprouvent toujours autant d'enthousiasme, et qui nous prennent sous leur ailes de manière si naturelle et avenante. 
L'une des choses que je trouve également fascinante, est le fait de tisser des liens si promptement avec des personnes, qui pourtant nous étaient de parfaits inconnus la veille. Le contexte aide sans doute à la création rapides de ces liens, qui n'en sont pas moins sincères. Mais c'est un peu à double tranchant, car on peut s'attacher à certaines personnes, et ne jamais (ou rarement) les revoir sur d'autres vols, et c'est un perpétuel recommencement de nouvelles rencontres (ce qui peut être positif ou pas, selon les points de vue), en revanche si une personne nous est insupportable, well, on aura pas à se la coltiner jusqu'à la retraite 😋.

Un grand merci, à tous les adorables PN que j'ai pu croiser sur ma route, car même si la majorité n'est qu'amour et gentillesse, il y a des milliers de PN, c'est comme une micro-société, et il y a nécessairement de tout, donc je suis d'autant plus reconnaissante, d'être tombée la plupart du temps, sur des personnes exceptionnelles, issus de divers horizons et tout aussi intéressantes les unes que les autres. Mention spéciale à mon tout premier équipage qui m'a fait débuter cette aventure dans les meilleures conditions possibles, ainsi qu'à mon dernier équipage qui m'a permis de clôturer cette aventure en beauté.  

Ce sera tout pour le moment, merci aux braves qui ont eu le courage de lire ce long récit (/racontage de vie), je retourne à mes révisions, la tête encore un peu dans les nuages,  rêvant d'une destination lointaine, et qui sait... peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures 😉.