Saturday, October 6, 2018

Ningbo - Putuoshan Island, China (Golden Week)


Hello, ou devrais-je plutôt dire "Nĭ hăo" /你好 ! 
(je fais la maligne, mais je bégaye encore quand on m'assaillit de questions dans la rue en pensant que je suis chinoise. Mais ça, c'est une autre affaire, je vous en parlerais certainement dans un autre article, si je parviens dans un premier temps à structurer mon blog et à écrire plus régulièrement hehe.)

Cela fait donc bientôt 2 mois que je me suis installée en Chine, à Suzhou, dans la province du Jiangsu plus précisément, afin de bénéficier d'une expérience académique d'un semestre, à l'étranger (on se croirait presque sur mon Linkedin). Ravissante ville d'accueil dont je vous parlerai également plus en profondeur dans un prochain article. (Des promessestoujours des promesses, que j'essaierais de tenir, promis). 

En réalité, je ne songeais pas à écrire durant mon séjour en Chine, d'où le caractère décousu de la chose, et cet article qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Mais réalisant que les informations trouvées sur internet concernant certains itinéraires, étaient parfois confus, ou plus tout à fait d'actualité ; je me suis dit, que partager quelques expériences et bons plans n'était jamais de trop. Et cela me permettra par la même occasion de garder une trace de mes aventures. 

Trêves de justifications, entrons dans le vif du sujet : 

LA GOLDEN WEEK, QUÉSAKO ? 


C'est la semaine de vacances nationale, destinée à célébrer la création en 1949 de la République Populaire de Chine, c'est donc une période de festivités et de voyages à travers tout le pays. Mais comme vous pouvez l'imaginer, une semaine de congé accordée à plus d’un milliard de Chinois, c'est aussi synonyme d'embouteillages interminables, de foules compactes dans les gares et aéroports, et de sites touristiques pris d’assaut...

Nous devions donc, avec Noémie, mon acolyte fétiche de vadrouille chinoise, réfléchir à un endroit stratégique à visiter durant cette semaine, pour éviter, dans la mesure du possible, la foule. L'autre mission était de trouver un lieu dont les tickets de trains étaient toujours disponibles. Eh oui, les chinois avaient une longueur d'avance sur nous, et avaient booké leur billet plus d'un mois en amont.  Il fallait également prier pour ne pas se voir annuler ses billets retour sans préavis, qui impliquerait de rester coincer dans un endroit, en recherchant activement une alternative de dernière minute pour revenir à la maison. Une crainte justifiée puisque c'est une situation qu'a rencontrée un groupe d'amis. 
Après avoir entré plus de 10 destinations , et vu apparaître "sold out", je commençais à désespérer. 
Quand par un heureux hasard je tomba sur la ville de Ningbo. 

NINGBO, ZHEJIANG


Nom chinois : 寧波
Population : 7 605 689 hab.
Superficie : 9 816 km²

Ningbo est une ville portuaire de la baie de Hangzhou située au nord-est de la province du Zhejiang. Elle est l’un des trois centres économiques de cette province. Très moderne, la ville a su préserver la nature qui l’entoure et son riche patrimoine.
Ce sera donc notre point de chute durant cette semaine de vacances. Et je fus d'autant plus ravie d'apprendre qu'il y avait une île non loin de là. 

L'ÎLE DE PUTUOSHAN 普陀山 « pays bouddhiste de la mer et du ciel » 


L’île de Putuoshan, fait partie de l’archipel de Zhoushan, et est située au sud-est de Shanghai, elle y abrite le mont Putuo, c'est l’un des quatre monts sacrées bouddhiques de Chine. Il a été un haut lieu de pèlerinage pendant plus de 100 ans.  Le site est dédié au culte de Guanyin (觀音) (la Déesse de la Miséricorde) .

L'ile est caractérisée par ses forêts verdoyantes et ses plages (avec durant la période où j'y suis allée : une mer plutôt agitée, et loin d'être limpide, mais une balade ou baignade lorsque c'est autorisé, est toujours agréable) . Cela en fait une destination idéale pour quelques jours afin de profiter de toutes ses richesses et de son atmosphère unique. 


COMMENT Y ALLER ? 


  • Suzhou → Ningbo (AR en TGV : environ 800¥ soit 102€ - environ 3h de train)
        Ou Shanghai  Ningbo 
  • Ningbo South Bus Station (Adresse : No.408 YongShuiQiao Road, Haishu District
    en caractères chinois : 宁波市海曙区甬水桥路408号Zhujiajian : environ 2h de car (entre 50 et 72 ¥ ).
  • Si comme nous, vous descendez à la mauvaise station : Shenjiamen Bus Station (pour la petite anecdote : nous pensions, en voyant tous les passagers descendre, et en entendant l'annonce dans le car, qu'il s'agissait du terminus mais il semblerait que nous n'étions pas encore tout à fait arrivées à bon port), il faudra donc prendre le bus 27 situé juste en facejusqu'au terminus Zhujiajian Wusongsi Dock  (朱家尖蜈蚣寺码头) en destination de Hang Guang Chang.
  • Là il faudra prendre un ferry depuis le port (Zhujiajian Wusongsi Dock) de l'île de Zhoushan  vers l’île de Putuoshan (environ 15 min - 60¥ A/R) 


LES PRIX 


Les prix pour la nourriture sont très variables mais ils tendent à être plus chers que sur le continent.
Nous avons d'ailleurs été surprises de devoir payer 158¥ pour 2, pour un repas qui habituellement nous aurait coûté tout au plus 30¥. 




L’entrée sur l’île est soumise à un droit d’entrée :

140 RMB (1er décembre – 31 janvier)
160 RMB (1er février – 30 novembre)
200 RMB pendant les vacances chinoises
Mais n'hésitez pas à montrer votre carte étudiante pour bénéficier de -50%. 

Ces tarifs n’incluent pas les droits d’entrée des différents sites. Il faudra compter :


  • 5 RMB pour les  Temple Puji, Fayu et Huili
  • 70 RMB pour un aller retour en téléphérique au mont Foding ou 40 RMB pour un aller simple
  • Les tarifs pour les bus touristiques varient entre 5 et 10 RMB.


J'espère vous avoir éclairé du mieux possible. Nous avons en tout cas été ravies de ce séjour, qui fut un bon compromis entre le temps de trajet, la richesse et diversité des paysages, et surtout une foule indéniablement moins dense que ce que nous aurions pu trouver à Shanghai ou Pékin.

Certes l'ile de Putuoshan est un endroit très touristique, car c'est un haut lieu de pèlerinage, et le fait de payer la moindre "attraction" peut entacher un peu ce côté authentique. Mais si vous prenez le temps d'apprécier l'escapade, d'observer les personnes et paysages qui vous entourent, vous verrez à quel point cette île demeure riche en charmes naturelles et en patrimoine culturel préservé.
Le temple Huiji : ce monastère culmine sur le mont Foding et offre un panorama époustouflant sur l’archipel. Le temple est accessible via un téléphérique ou peut être atteint en environ 1 heure de marche pour les plus courageux. Vous pourrez y observer également des pélerins qui s’agenouillent et prient tous les 3 pas.


Dans le quartier de Lao Waitan (The Old Bund) (老外滩) : riche en pubs, bars, cafés et restaurants.


 Nous sommes tombées raides dingues de ces délicieux popcorns  : caramélisés et croquants à souhait 




Saturday, December 30, 2017

4ON Bengaluru, India | 9 ème vol | AF192-191

Pour ceux qui suivent mes aventures, vous devez sans doutes vous interroger sur la pertinence de mes jérémiades lors de l'article précédent (Buenos Aires), si d'autres vols étaient en réalité prévus. Dans les faits, lors de ce supposé "dernier" vol, je n'avais pas encore été mise au parfum de ma reprise pour les vacances de noël, et n'ayant par ailleurs qu'une semaine de disponible, je n'avais donc que peu d'espoir quant à l'éventualité d'être rappelée. Mais finalement, et pour mon plus grand bonheur : l'aventure AF, bien que brève, continue. Mais trêve de justifications, entrons dans le vif du sujet 😁 


24 décembre - J'avais en principe prévu large, je voulais avoir le temps de papoter un peu avec mes 2 amis PCB (Romain qui part avec moi sur le vol de Bangalore, et Sofiane, qui a un vol à la même heure, mais pour San Francisco) à la cité PN (personnels navigants). Mais je n'arrive finalement qu'un quart d'heure avant le briefing de 9h, faute à la circulation, ou à mon mauvais calcul du timing. J'envoie donc dès mon arrivé ma valise sur le tapis, récupérant au passage, la notice escale, et accompagnée de mes 2 acolytes, direction nos salles de briefing respectives. 
Premier vol vers l'Inde pour Romain et moi, et ce n'est, il faut l'avouer pas de tout repos, habituellement, nous avons deux choix de repas, et quelques repas spéciaux, mais sur un vol comme celui-ci, la majorité des passagers a en amont réservé un repas spécial. Il faut donc jongler entre les plats végétariens (avec/sans laitage, œufs), halal, hindou, casher ... et j'en passe. Nous commençons donc par mettre des étiquettes "végétarien" sur les sièges, pour être plus efficace lors du service. Il y aura tout de même un loupé, et un passager mécontent de ne pas avoir eu son plat végétarien pré-commandé. Mis à part cela, le vol s'est passé dans de bonnes conditions pour une reprise, la bienveillance et solidarité de l'équipage y est d'ailleurs pour beaucoup. 
00h30 : 10h de vol plus tard, avec en bonus un mal de pieds épouvantable, nous arrivons enfin à Bangalore, la température est plus fraîche et moins lourde que ce que j'avais imaginé. L'hôtel au style britannique nous accueil chaleureusement avec une décoration de noël brillant de mille feux. Cela ne nous enlèvera pas à Romain et moi, la mélancolie d'être pour la première fois, loin de nos familles, lors de ce réveillon, mais disons que ça permet de l'adoucir. Nous regagnons donc nos chambres pour un rapide facetime avec nos familles respectives, j'en profite pour commander des cheeses nan avec un peu de poulet massala, pour ne pas du tout faire dans le cliché indien. Il est 4h du matin, et après avoir élaboré le planning de visites touristiques pour le lendemain, je sombre dans les bras de Morphée pour une courte nuit de sommeil. 


25 décembre - Le réveil était prévu pour 9h, mais la fatigue aura eu raison de nous, nous descendons donc au petit déjeuner pour 10h15. Après s'être rempli convenablement le ventre, mode touristes : activé. Amir, un ami qui était présent lors de Buenos Aires (pour ceux qui ont bonne mémoire), est également en Inde, il nous rejoint donc pour cette escapade touristique. Nous commandons un uber, 4 min d'attente, puis 7, 9 et enfin 17 min d'affiché. Soit il s'est égaré, soit la circulation indienne fait honneur à sa réputation. 
Nous patientons donc devant l'hôtel, le voiturier s'avance vers nous, l'accent indien nous mettant quelque peu à mal, nous comprenons sans certitude, que notre uber arrive. Effectivement, une voiture s'approche, je regarde la plaque, puis secoue la tête, en me rasseyant et en informant Amir et Romain que ce n'était pas notre uber. 
Quand soudain, on aperçoit descendre de cette même voiture, le (14 ème) Dalaï Lama, je cligne plusieurs fois des yeux pour m'assurer que ce n'est pas un mirage, puis je m'empresse de m'approcher pour le voir de plus près. Il s'avance quelque peu affaibli, vers l'entrée de l'hôtel, puis marque subitement un temps d'arrêt, se tourne vers moi, me fixe en souriant, et me montrant du doigt interjette un "YOU!".  Plusieurs choses me traversent l'esprit à ce moment là : 1- la fatigue ne me réussi pas, je rêve toute éveillée 2- je suis en train de me faire réprimander par le Dalaï Lama, parce-que je le film sans son accord ? ça m'apprendra à snaper h24    3 - Il désigne une personne derrière moi. 
Aucune de ces réponses n'est correcte. Pendant que je cogite, il réitère son : "YOU!" et me fait signe de m'approcher. Me tendant la main, il me demande d'où je viens. L'instant est tellement fortuit, exceptionnel et invraisemblable, que j'arrive difficilement à réaliser ce qui est train de se produire.  J'arrive tout de même à brièvement échanger avec lui, je n'avais jamais ressenti une telle énergie, douce, et forte à la fois, qui vous transmet la sienne par le biais de sa main. Et cette aura si particulière. 
J'abuse même de sa gentillesse pour avoir l'accord d'immortaliser ce moment hors du commun. Je savais que sans un cliché, j'aurais moi-même du mal à croire que cet instant s'est produit ailleurs que dans mon imaginaire. 

Cette rencontre avec le 14ème Dalaï LamaTenzin Gyatso, la plus haute autorité spirituelle dans le monde du bouddhisme, marquera immuablement ce voyage en Inde, et surtout la fin de cette année 2017. Quoi de mieux qu'un moment aussi magique, intemporel et émouvant, pour appréhender 2018? 
Après avoir retrouvé nos esprits, nous rejoignons notre uber, qui d'ailleurs, a finalement bien fait d'arriver en retard. Comme quoi : "La vie est souvent comme ça. Faite d'étranges rebondissements, de coïncidences, d'accidents qui se révèlent être des bénédictions." 
Direction Malleswaram market, en quête du Sari de mes rêves, que je mets plus de 2h à trouver, négocier, et faire reprendre par un tailleur, merci les garçons d'avoir eu la patience de m'accompagner dans mes caprices bollywoodiens 😇. 
Nous nous perdons aussi un peu dans les rues, et tombons sur de "petits" temples de quartier. 
Après cette petite virée shopping, nous nous dirigeons vers le palace de Bangalore, qui sera le plus grand périple de la journée, (oui oui encore plus que la quête de mon sari) puisque l'aimable tuktuk nous dépose en plein milieu de la route... Avec en effet l'entrée vers le palace de l'autre côté, mais doté d'un terre plein central, et pas des moindres, nous séparant de notre cible. Impossible donc de traverser, nous mettons quasi 1h pour contourner la route, et faire le tour du jardin. Essoufflés et prise pour ma part d'une allergie, dû certainement à la poussière, nous voilà enfin devant ce fameux palace, qui est implanté au milieu d’un vaste parc appartenant toujours aux descendants des Maharadjahs Wodeyar. Il a été bâti sur le modèle de Windsor en 1887, dans le style Tudor. 
De retour à l'hôtel, nous retrouvons l'équipage pour faire quelques courses, je mise sur les huiles de soins capillaires et quelques épices. Sur le chemin du retour, je fais part au CCP (chef de cabine principal) que j'ai vu le Dalaï-Lama, il me demande " à la tv?", comprenant par mon sourire en coin, que ce n'était pas le cas, il me maudit gentiment, puis se réjouit de notre rencontre fortuite, il guettera par ailleurs "the Holiness", le lendemain à l'aube au lobby, mais n'aura pas la même chance que nous. 
Le soir venu, parée de mon sari, je rejoins avec mes deux acolytes, l'équipage , pour un dîner de Noël. Buffet succulent, qui me fera un chouilla regretter le fait que le sari ne couvre pas totalement le ventre 😅. Blague à part, j'ai trouvé ça intriguant, de voir la majorité des femmes laisser apparaître leur ventre, alors que parallèlement à cela, dévoiler ses épaules et ses jambes est en revanche à proscrire. Comme quoi, les normes de la pudeur sont toujours différentes d'un endroit du globe à l'autre. 

26 décembre - Réveil un peu plus matinal pour profiter de la dernière journée sur place, au programme le temple Iskcon
"Ce temple spectaculaire de la secte Hare Krishna mêle éléments traditionnels et modernité, pour un résultat pour le moins étrange. La construction de ce bâtiment de béton et de verre à la coupole dorée a commencé il y a 25 ans. Pendant que les fidèles gravissent ses marches, une voix répète inlassablement " Hare Krishna, Hare Ram ". Le hall principal permet à 2 000 fidèles de contempler simultanément les idoles de Krishna et de Radha. Une petite exposition rend hommage au fondateur de la secte. Un nombre considérable de boutiques vendant des objets liturgiques se trouvent dans le temple, ce qui lui confère une atmosphère de fête foraine. A la fin de la visite, nous recevons un repas gratuit ainsi qu'une image pieuse."
Après une courte hésitation, par peur de manquer de temps, nous décidons tout de même de rejoindre le KR Market, c'est non sans mal que nous trouvons un tuktuk qui accepte de nous y déposer pour un prix correct. Et c'est sans regret que nous découvrons ce marché typique, qui permet de se plonger un peu dans la vie indienne. Les étals de fruits et légumes sont colorés, les échoppes de tissus improbables, le cadre est fantastique. C'est une ambiance absolument unique et authentique qui vaut vraiment le détour. Il y a très peu de touristes, et on le ressent d'ailleurs par les regards qu'on pose sur nous. 

Satisfaits de ce programme touristique mené à bien, nous rentrons à l'hôtel pour un moment détente au spa, puis à la piscine, suivie de l'incontournable sieste réparatrice pré-vol. 
1h de retard plus tard, nous pouvons enfin monter à bord. Le vol retour de nuit, se passe sans encombre, et les repas spéciaux sont aussi moins complexe à gérer. 
Atterrissage à CDG à 9h, assommée par la fatigue, mais heureuse d'avoir repris les vols, découvert pour la première fois l'Inde, et rencontré le Dalaï Lama, je retrouve enfin mon lit, et me laisse engouffrée paisiblement dans un sommeil profond durant 24h.