Sunday, November 19, 2017

6ON Buenos Aires | 8 ème (dernier) vol | AF228-393


L'été a touché à sa fin (depuis un bon moment d'ailleurs, la météo ne saurait que trop nous le rappeler), et ma saison chez Air France, en tant que personnel de bord saisonnier aussi. Tristeeesse infinie. Mais toutes les bonnes choses se doivent d'avoir une fin, paraît-il.

Je sais, j'écris avec un peu de retard (2 mois et des brouettes pour ne pas être précise..), le retour à la réalité, et surtout sur les bancs de l'école a bien eu lieu, et ma saison a quant à elle pris fin depuis un moment, mais mieux vaut tard que jamais. Le défi maintenant, c'est de relater ce dernier vol à froid, avec la meilleure exactitude possible, je vais essayer pour cette fois, de faire confiance à ma mémoire, bien que parfois défaillante. 


24 août 2017 - Buenos Aires : Dernier vol de la saison. Autant dire que j'attendais beaucoup de cette dernière rotation. Entre émotions, excitation et nostalgie anticipée avant le départ en vol. 

J'arrive au briefing, et dès les premiers instants j'en ai des crampes au ventre, à force de rire. J'annonce à l'équipage que c'est mon dernier vol, et coïncidence, c'est aussi le dernier vol vers Buenos Aires de Cédric, qui rendra ses "ailes" en octobre, après plus de 30 ans de bons et loyaux services. 

Dans la navette en direction de l'avion, j'apprends qu'un ami, Amir, sera sur mon vol. Globe trotter, il revenait tout juste du Japon et l'ayant informé un peu par hasard que j'irai à Buenos Aires, il a tenté de prendre un billet, dès son arrivé à CDG (inutile de me demander où il trouve cette énergie d’enchaîner deux vol de plus de 10h, je n'ai toujours pas percé le mystère 😅).

23h - Le vol est complet, embarquement terminé, et c'est parti pour 14h dans les airs. Le service est un peu plus complexe que d'habitude, ou peut-être est-ce le vol de nuit qui amplifie le caractère complexe de la chose, idk.. bref on se mélange un chouilla les pinceaux en début du service, mais tout rentre rapidement dans l'ordre.

Une fois le service terminé, arrive la garde de 4h20 (la plus longue que j'ai eu jusqu'à présent), je suis de 1ère garde, ce qui signifie en outre, que j'aurai ma pause dans 4h20 (Appelez-moi Einstein lol). Il devait être aux alentours de 2-3h du matin. Autant dire que Morphée me faisait intensément de l’œil. 
Amir, qui est sur le vol, me tient compagnie durant cette longue garde. C'est si improbable de revoir un ami du collège dans de telles circonstances, entre deux check cabines et toilettes, on échange donc sur nos expériences respectives chez Air France, puisqu'il fait aussi partie de la "famille AF", en y étant alternant.

Après une courte nuit de sommeil, il est maintenant l'h d'entamer la 3 ème prestation (le petit déjeuner), mais de grosses turbulences, nous compliquent la tâche, et nous empressent de terminer rapidement le service.
Début de descente, je traverse la cabine pour rejoindre mon siège, lorsqu'une passagère me demande de récupérer son gilet. J'ai à peine le temps de me retourner vers le rack à bagage que je me retrouve par terre, agrippée aux sièges. Je reprends rapidement mes esprits, et m'empresse d'aller m’asseoir. Je vois au passage, un stew assit sur un passager ( non ce n'était pas une tentative d'approche, mais nous avons pour consigne, de le faire lorsque le caractère soudain et brusque d'une turbulence, nous empêche de rejoindre notre siège. Donc si un jour, un membre de l'équipage s'assoit abruptement sur vous, ne vous méprenez pas hein, sauf si bien sûr, il y a raison de se méprendre 😝).
Atterrissage imminent : généralement je suis plutôt sereine en avion, mais il faut avouer que ces turbulences frénétiques, sont plutôt impressionnantes, sans doute les plus violentes que j'ai connu jusqu'à présent.

Vendredi 25 août - 8h05 : Arrivé à destination, on peut lire sur tous les visages de l'équipage, l'envie oppressante de retrouver un lit douillet. Mais à peine le temps de poser mes affaires, enlever mon chignon tiré par 4 épingles, et prendre une douche, que je rejoins Amir pour une virée touristique (j'ai pour ma part 3 jours entiers sur place, mais il repart déjà le  lendemain, donc il faut rentabiliser le temps sur place). 



Direction Caminito de la Boca au sud de la ville, même s'il fait un temps "brouillardeux", gris, et pluvieux, on tombe sous le charme de ses maisons colorées, ses danseurs de tango et son air d’ailleurs.

Petit pause historique : "la Boca, c’est d’abord l’influence des vagues d’immigrés italiens et espagnols durant le XIXème siècle. Ces derniers vivant dans la pauvreté ont peu à peu construit des maisons avec le matériel disponible. Et puisque Buenos Aires est au bord de l’océan, les nouveaux arrivants ont construit leur conventillos avec les restes de matériel initialement destiné à l’entretien du port, ou des bateaux. D’où les couleurs de la Boca ! En réalité elles proviennent de la récupération de peintures destinée à refaire les couleurs de bateaux."

Après une longue balade dans les rues de la Boca, et quelques achats,  il est temps de rentrer se reposer avant le pot équipage. On tente d'appeler un uber mais il semblerait qu'il n'y en ait pas des masses dans le coin, on décide donc de prendre un taxi. Le 1er que l'on trouve semble douteux, il confirmera cette impression, en nous mettant rapidement dehors, après qu'on lui ait demandé s'il y avait un soucis avec le compteur. La seconde tentative sera la bonne, puisque nous tombons sur un adorable taximan, Gustavo, qui nous donnera même quelques conseils pour sortir. 

A peine arrivée à l'hôtel, et après une brève sieste, je me dirige vers le crew lounge, pour le pot équipage. Xavier et Ana, sont les premiers arrivés, avec Amir, on leur dit en rigolant qu'ils feraient un délicieux couple, Xavier, le sourire au coin des lèvres : "ah bon? ça tombe bien, on est marié ! ", nous qui voulions les caser ensemble, ils nous avaient devancé 😆. 
Les autres membres de l'équipage arrivent peu à peu, et des PNC d'autres vols se joignent également à nous, l'ambiance est bonne enfant, entre rires et bonne humeur. On en vient même à parler du tableau de points PCB (les vrais sauront de quoi je parle :p), ils me demandent si c'est toujours d'actualité. 😅 Et entre deux blagues, je finis par verser une petite larme (ok voire plusieurs) d'émotion (et certainement de fatigue aussi), gênant. Mais à ma décharge, je réalise peu à peu, que c'est bel et bien mon dernier vol de la saison, et que je ne partagerai sans doute plus de sitôt des moments pareils, avec des personnes qui pourtant étaient de parfaits inconnus la veille.  Ils me consolent tous avec bienveillance, et quoi de mieux pour me remonter le moral, que d'aller manger un bout! 

Direction El Establo, si vous êtes amateurs de bonnes viandes rouges, c'est l'adresse incontournable pour un bon "Bife de lomo" ou "Bife de chorizo", le cadre est rustique et authentique, le service attentionné, et les serveurs super sympathiques. Quant à la viande, elle est de qualité et cuite à la perfection. Si tendre, que le serveur la coupe même  à la cuillère. 😲 (ok, on aurait vaguement dit que j'écris un commentaire sponsorisé sur tripadvisor, mais I swear de bonne foi, je veux juste partager à quel point ce resto a régalé mes papilles hehe). Le ventre bien rempli, il est temps de rentrer faire un dodo bien mérité. 
Samedi 26 août - Seconde matinée touristique avant le retour d'Amir en France, direction Palermo Soho (ne pas oublier de préciser "soho", sinon le taxi risque de faire comme le nôtre et de vous déposer en plein Palermo, qui est plutôt vaste). Palermo soho est un sous quartier de Palermo, et est connu comme étant le quartier trendy de la ville.
Petite pause historique : Le quartier de Palermo Soho se nomme ainsi suite au boom immobilier qui a amené des créateurs de mode, artistes, galeries et restaurants dans la zone. En effet, la zone s’est transformé en véritable circuit de mode, d’art et de bonne table. La dénomination de « Soho » évoque ainsi la mythique zone de New York : SoHo, qui possède les mêmes caractéristiques. 
On ressent d'ailleurs ce côté artistique, de part les nombreux tags colorés, très présents. 
Cafe Torotoni (825 Av. de Mayo): Ce lieu mythique a été fondé en 1858 par un français, ce qui en fait le café le plus ancien et célèbre de Buenos Aires. 
Est venu le moment pour Amir de rentrer au bercail, il sera entre de bonnes mains, puisqu'on avait fait, la veille, la connaissance de l'équipage sur son vol retour, qui a l'air (presque) aussi top que le mien 😊.



Le soir venu, on dîne dans un autre steak house,"Al Carbon", plus fancy qu'El Establo de la veille, mais définitivement moins bon. Je suis même déçue de la précision de la cuisson, et de la tendresse de la viande (c'est qu'elle deviendrait exigeante la petite hehe). Même l'accueil qui est certes professionnel semble moins chaleureux. 


Dimanche 27 août - Dernière journée touristique à Buenos Aires en compagnie des membres de l'équipage, dont le couple Ana-Xavier, alias Mamou-Papou, de vrais amours, direction San Telmo. Ce beau quartier est composé de grandes maisons de style colonial, de petites rues pavées, et de ses antiquaires, qui lui confèrent beaucoup de caractère et de charme.  Une atmosphère toute particulière, nostalgique qui n’est pas sans rappeler… des airs de tango !

La feria : marché incontournable qui s’étend sur 2 kilomètres et abrite plus de 250 stands. Belle ballade, où on y trouve de l’artisanat, des antiquités et d’autres marchandises diverses. Passage intéressant également pour acheter des souvenirs.
Le mercado de San telmo est également un marché incontournable. On y trouve des jouets d’antan, des antiquités, des spécialités culinaires argentines ou exotiques, des fruits et légumes.

Après une bonne balade dans ce beau quartier figé dans le temps, des churros et un chocolat chaud, retour à l'hôtel, afin de se préparer pour la dernière soirée à Buenos Aires.

Je vais discrètement imprimer des petites cartes, et remonte dans ma chambre, pour emballer les petits cadeaux que nous avions acheté, pour l'équipage. 
Je les rejoins ensuite au Crew Lounge pour le dernier pot équipage, je cache non sans mal mon gros sac de supermarché, telle une mère noël en mission (laissez-moi y croire). J'attends le moment opportun pour leur donner les cadeaux, et faire un petit discours de remerciement, mais bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. Ce soir, il y a un équipage américain, ainsi qu'italien, il y a un brouhaha sans nom, on ne s'entend que difficilement parler, et la fine équipe n'est pas au complet, ce n'est donc pas le bon moment. Mission reportée. On passe tout de même un délicieux moment, à grignoter des empanadas, à s’esclaffer et à papoter. Ils me conseillent ingénument de finir mes études, et de ne pas, entre autres, accorder trop d'importance aux personnes (à comprendre : garçons lol) qui n'en valent pas la peine, de vrais papas et mamans poules. hehe 
C'est bien beau tout cela, mais ça creuse l'appétit, et comme l'équipage avait notifié mon coup de cœur culinaire pour le "bife" de chez l"El Establo",  c'est vers ce restaurant du 1 er soir, qu'on se dirige pour contenter mon appétit. Je dois reconnaître, que je suis on ne peut plus heureuse d'y retourner, en ce dernier soir si symbolique à Buenos Aires.  

Et this is it, je vois durant l'attente des plats, le moment propice pour faire le fameux "discours", j'appréhende un chouilla que la situation ne soit arkward et un peu trop théâtrale, mais aux diables les appréhensions, je ressens le besoin d'exprimer ma reconnaissance, et de faire part de mon ressenti. Je me lève donc, les joues écarlates, un verre à la main (on se croirait à mon mariage 😅) et de manière brève mais intense, je les remercie, pour leur bienveillance, de m'avoir accueillie comme un membre à part entière de l'équipage, pour leur humour à toute épreuve, et surtout d'avoir fait de mon dernier vol de la saison, un souvenir mémorable. Je vois dans leur regard, qu'ils sont presque aussi émus que moi, et surtout Cédric, dont ce sera le dernier Buenos Aires. Ils me prennent dans leur bras, et je vous épargne les détails de l'instant bisounours so emotional... 

Lundi 28 août : Après une grasse matinée, pour prendre des forces avant le vol retour, il est temps de rentrer, j'avais préparé ma valise la veille (c'est au dernier vol que j'apprends que l'anticipation est le maître mot, mieux vaut tard... vous connaissez la suite :) , il ne me reste donc plus qu'à me doucher, manger un bout, et procéder au changement capillaire, pour passer de la fille qui est tombée du lit, à l'hôtesse de l'air exemplaire que je tente d'être. 😜 

Je retrouve l'équipage au lobby, Jean-Christophe (compagnon d'un PN(personnel naviguant), alias GP professionnel, un amour aussi btw), me fait savoir que l'uniforme me va à ravir.
La navette est là, c'est l'heure du grand départ direction l'aéroport d'Ezeiza, enfin, après qu'André me prenne en photo devant la navette ( oui oui ils avaient décidé d'immortaliser tous mes derniers moments en tant qu'hôtesse #socute) . 
Le vol retour se déroule sans encombres majeures. Les 14h étaient certes longues, et assommantes, mais comment vous dire qu'en ce dernier vol, je voulais pour une fois que le temps s'allonge, et qu'il m'octroie quelques instants de plus dans les airs, en la douce compagnie de ma fine équipe. Ils me laissent d'ailleurs même faire le message d'arrivé. 
L'heure de l’atterrissage a sonné, beaucoup moins agité que le vol aller, je rejoins donc mon siège, le regard perdu à travers le hublot, puis j'entends André qui m'interpelle, en dégainant de nouveau son téléphone pour immortaliser ce moment. 
Mardi 29 août - 11h00 : Arrivée à CDG, nous rejoignons la navette, Ana me demande de venir m’asseoir auprès d'elle, l'équipage se rassemble autour de moi, et me fait à son tour un discours, pour ensuite me tendre tout plein de cadeaux, dont un Tee-shirt Buenos Aires recouvert de mots. Le PNT (pilote), me donne même les plans de vol. J'essaye de contenir tant bien que mal mes émotions, et garder le semblant d'image, de la fille "forte" qu'il me reste😆... Mais il semblerait que la fragile au plus profond de moi, ait décidé après tant d'années d'oppression (appelez moi Kim Jong-un), de se manifester. Et donc, après avoir déjà versé à 2 reprises des larmichettes durant cette rotation, le "jamais 2 sans 3"... ne m'épargnera pas. 
Après ce moment d'émotions, je rejoins donc ma maman qui est venue me chercher, et je me tarde de tout lui raconter.

Bilan de la saison estivale 2017 : 

Cette aventure Air France s'achève donc pour cette saison estivale, et je n'ai pas les mots suffisants pour décrire cette expérience hors du commun. Je n'aurais jamais pu imaginer par le biais d'un emploi saisonnier/étudiant, découvrir les facettes d'un métier qui fascine le plus grand nombre. 
Néanmoins, être hôtesse ce n'est pas que des paillettes, mais je ne vous apprends rien, comme pour tout métier il y a des inconvénients, et des avantages. Et même si ces derniers font beaucoup rêver, il faut être conscient que la vie des PN (personnels navigants) n'est pas toujours de tout repos. Certains nous font part de l'épuisement, qui découle de cette vie entre deux fuseaux horaires, d'autres dégagent une passion inébranlable pour leur métier.  Je suis d'ailleurs si admirative quand je vois des personnes qui, après 20-30 ans de carrière, éprouvent toujours autant d'enthousiasme, et qui nous prennent sous leur ailes de manière si naturelle et avenante. 
L'une des choses que je trouve également fascinante, est le fait de tisser des liens si promptement avec des personnes, qui pourtant nous étaient de parfaits inconnus la veille. Le contexte aide sans doute à la création rapides de ces liens, qui n'en sont pas moins sincères. Mais c'est un peu à double tranchant, car on peut s'attacher à certaines personnes, et ne jamais (ou rarement) les revoir sur d'autres vols, et c'est un perpétuel recommencement de nouvelles rencontres (ce qui peut être positif ou pas, selon les points de vue), en revanche si une personne nous est insupportable, well, on aura pas à se la coltiner jusqu'à la retraite 😋.

Un grand merci, à tous les adorables PN que j'ai pu croiser sur ma route, car même si la majorité n'est qu'amour et gentillesse, il y a des milliers de PN, c'est comme une micro-société, et il y a nécessairement de tout, donc je suis d'autant plus reconnaissante, d'être tombée la plupart du temps, sur des personnes exceptionnelles, issus de divers horizons et tout aussi intéressantes les unes que les autres. Mention spéciale à mon tout premier équipage qui m'a fait débuter cette aventure dans les meilleures conditions possibles, ainsi qu'à mon dernier équipage qui m'a permis de clôturer cette aventure en beauté.  

Ce sera tout pour le moment, merci aux braves qui ont eu le courage de lire ce long récit (/racontage de vie), je retourne à mes révisions, la tête encore un peu dans les nuages,  rêvant d'une destination lointaine, et qui sait... peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures 😉.




Tuesday, September 5, 2017

24 H à NEW-YORK | 7 ème (et avant dernier) vol | AF008

Je sais, j'ai assez rapidement brisé la cadence des post relatant mes vols, mais tout s'est enchaîné si rapidement, que je n'ai guère eu le temps de me poser, entre mes vols successifs, la dette de sommeil à rattraper et les cartons à faire dans la précipitation.. Bref, et si je vous racontais plutôt mon vol vers "la ville qui ne dort jamais", plutôt que de tenter lamentablement de me justifier ? 😇

New-york, inutile de vous dire que j'attendais avec impatience cette rotation, c'est la ville incontournable, et pourtant je n'y avais jamais mis les pieds, d'où l'excitation et l'enthousiasme qui accompagnent toutes premières fois qui se respectent. 
Je prépare donc déjà ma To-do list en amont, eh oui il se fallait d'être organisée et méthodique, car j'ai omis de le mentionner, mais je n'aurais que 24H sur place (comme la majorité de mes escales d'ailleurs) et pas une seconde de plus. Je me renseigne donc sur les must-see, et sur les distances approximatives entre chaque endroit. Ma cousine me conseille d'aller au Rockefeller center, plutôt qu'à l'empire state building, bah oui sinon on ne la voit pas dans le paysage si on est dessus... pas bête la guêpe 😋Ni une ni deux je prends mon ticket, et tant qu'à faire le Vip Pass pour éviter toute attente... Non pas que je sois adepte de gruger des fils d'attente, bien que ce soit, il faut l'avouer, souvent jouissif, mais les "24H top chrono" raisonnait dans ma tête, telle une mission contre la montre que je devais surmonter avec succès, sous peine de frustration. 

Liste de to-do presque achevée, je regarde rapidement la liste de l'équipage avant d'aller au lit, et j'y vois une autre PCB, Lucie, prise d'un élan de joie, je lui envoie un message pour savoir si elle voulait être mon acolyte touristique à NY. Elle me répond gentiment qu'elle a déjà vu la ville maintes fois, et que sa mission à elle c'était de faire du shopping, je ne vous cache pas que mon minois de calimero a surgit une fraction de seconde. Mais ce n'est pas si grave après tout, je n'en démords pas et je visiterai un maximum de choses, seule s'il le faut. 

Jour J, pour une fois j'avais réussi à dormir la veille, le vol est prévu à 19h, donc pas de réveil matinal, pour mon plus grand plaisir. Direction la salle de bain, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai fais ce même chignon, et pourtant je me bats toujours autant avec les mèches rebelles, les bosses et les épingles. Bref 1h plus tard, douchée, maquillée, coiffée, habillée, ready à partir. 

J'arrive devant la salle de briefing, je suis visiblement la 1 ère, je fais donc un tour au WC en attendant l'arrivé des autres membres de l'équipage, non pas que je veuille vous établir un planning de mes passages au pipi room lolilol, mais il s'avère que j'y croise la PCB qui sera sur mon vol de ce soir, mais n'étant pas certaine que ce soit elle, on se zieute du regard sans trop savoir s'il faut entamer la discussion heehe. On se verra par la suite dans la salle de briefing, ce qui brisera définitivement la glace :). 
C'est parti vers l'avion, je fais l'accueil en porte 2, et j'avouerai que les crampes aux joues sont notables à force de sourire. Marine, qui a débuté il y a quelques mois, non pas comme PCB saisonnière mais en CDD, vient m'apporter un peu d'aide durant le rush, j'apprends que c'est son second NY, et elle aussi souhaiterait visiter un peu. Je vois déjà en elle un grand potentiel pour être mon acolyte de voyage😏, et sans tarder j'essaie de la motiver pour m'accompagner dans mon grand périple touristique New-yorkais. 



Embarquement terminé, la CCP (chef de cabine principale) me propose adorablement de faire le décollage au Cockpit, offre que je ne refuserai pour rien au monde. 

RAS durant ce vol plutôt court, des passagers satisfaits, une excellente entente avec l'équipage, mention spéciale à Ian au galley, entre humour noir, interjections en anglais, tel un personnage tout droit sortie d'une série US, un régal ces répliques qu'on se balançait entre deux services. 

Ah mais en fait si, une chose à relever durant le vol : une passagère s'est quelque peu fritée avec un stew, à propos de son chien qu'elle refusait catégoriquement de mettre dans son sac... Ce qui est pourtant obligatoire pour des mesures de sécurité. Allongé sur un siège, il avait le droit aux papouilles de ses deux maîtres, après plusieurs remarques successives, le ton est monté, et le chien pour ne rien arranger à la situation s'est violemment mis à aboyer. A l'arrivé la passagère m'interpelle " I need a wheelchair.. your colleague made me sick...oops.. Je m'excuse, et j'explique que je ferai de mon mieux pour lui en obtenir une à la sortie de l'avion. Je transmets l'info... et je n'en entends plus parler.. jusqu'au débarquement où effectivement elle a sa chaise, mais persiste à nous réprimander : " shame on you...", et son mari qui renchéri "I will take care of you"...
Well, well quelle belle façon de commencer, ou plutôt de terminer sa 1ère soirée à NY (il devait être 21h30).

Bref, même après ce fâcheux épisode, j'étais contente d'être à NY ! Dans la navette j'observe défiler le paysage de cette immense ville effervescente, avec ses célèbres buildings XXL. Et pour m'éblouir de plein fouet d'entrée de jeux, l'hôtel était de surcroît idéalement situé en plein de time square. Mon regard se perdait, entre toutes ces illuminations, figurants déguisés, touristes, new-yorkais, taxis jaunes, panneaux publicitaires...

Arrivé à l'hôtel à environ 22h30, on récupère la clé de nos chambres respectives, Vincent nous dit " cela doit faire 4 fois que je viens et je n'ai jamais eu la vue sur Time Square, donc n'ayez pas trop d'espoir les filles". Je souris en me disant que ce n'était pas si grave, et qu'après tout c'était déjà génial de pouvoir être dans time square dès que je mettais un pied hors de l'hôtel.
Je rejoins donc ma chambre, le temps de prendre une douche et de me changer, pour rejoindre Lucie (Pcb également si vous n'avez pas perdu le fil), la seule motivée après le vol à aller se remplir le ventre, et aller manger un burger bien fat, yass cliché oblig'. Rdv à 23h donc, eh oui, entre fatigue et faim, nous avons choisi. J'entre donc dans ma chambre, rideaux fermés, que je m'empresse d'ouvrir pour vérifier si j'avais plus de chance que Vincent... Et que vois-je ?? Plein de lumièèèère. Je n'avais donc pas la vue sur une rue lambda, mais bien sur Time Square. Lucky Me 😁

Petite balade nocturne rapide, avec Lucie, et Marine, qui a finalement décidé de se joindre à nous, et malgré la fatigue je continue de m'émerveiller face à toute cette frénésie. On se perd donc un peu avant de retrouver "Five Guys", hamburger ou frites, choix cornélien, qui n'en sera finalement plus un... Puisqu'on finira par prendre les 2 😙. Le ventre bien rempli, on décide sagement de rentrer se coucher, surtout en prévision de la journée bien chargée du lendemain.

Après une courte nuit, est venue l'heure du périple touristique, j'ai une liste de choses à voir, et malgré tout l'optimisme du monde, je sais que je ne pourrai pas tout cocher. 
J'envoie un message à Marine pour savoir si elle est toujours motivée à me suivre dans mon marathon touristique, et à ma plus grande joie elle est in. 

10h30 : On quitte l'hôtel, direction le Rockfeller, heureusement que j'avais CityMaps2go (qui vous permet de télécharger des cartes hors-ligne), et une carte papier fournie par l'hôtel, parce-que l'orientation et moi ça fait 150...

11h00 : Après avoir pris l’ascenseur éclair (70 étages en qques secondes), qui me bouche les oreilles autant que le décollage d'un avion, je réalise que j'avais bien fait de prendre en considérations les conseils de ma cousine, on voit l’Empire State building, et sa silhouette toute en pointe est quand même indissociable de toute vue panoramique de Manhattan ! On peut également apercevoir Central Park, le fameux fleuve Hudson, sur lequel il y avait eu l'amerrissage d'urgence du vol 1549, et la Cathédrale Saint-Patrick.






12h30 : Petite divergence au moment de savoir ce qu'on allait faire next, je voulais aller à Central Park, mais Marine l'avait déjà fait la dernière fois, uhm que faire ? L'horloge tourne, on trouve alors un compromis, on irait prendre le ferry pour Staten Island et voir de loin la statut de la liberté, puis on se splitterait, elle irait à la Public Library et moi à Central Park. J'avais déjà regardé tous les itinéraires la veille, donc on a plus qu'à se diriger sereinement vers le subway ligne 1, direction downtown, pour South Ferry Loop. #agentRatpBonjour 

12h40 : On se retrouve dans un grand marché en plein air, et on perd un peu le rythme niveau timing, entre bijoux, bouffe, souvenirs, vêtements... nos yeux ne savent plus où se poser... Et vous savez comment c'est... Quand le cœur a décidé de se manifester, la raison s'échappe un peu... Bref on se pavane dans ce marché à ciel ouvert, quasi interminable, et quasi 2h s'écoule à notre insu... 







14h40 : Retrouvant enfin nos esprits on fonce vers le subway, réalisant qu'il nous reste finalement que peu de temps... (le wake up call étant à 19h30, je souhaitais à priori être à l'hôtel à 17h au plus tard, mais cela semble d'ores et déjà compromis). 

15h20 On arrive enfin à destination, et on fonce direction le ferry gratuit vers Staten Island, sauf qu'on se fait intercepter par un guide touristique stratégiquement positionné, qui arrive à nous convaincre que son ferry est bien mieux. Et pour cause, il a évoqué l'argument du temps (qui nous est crucial) et de la vue (apparemment on aurait aperçu la statut de plus près). On prend donc 2 tickets 35euros/pers. Il nous explique ensuite qu'il faut attendre un car qui nous déposerait près du ferry. Voyant la taille de la queue pour accéder au car, je ne suis pas très sereine, il essaie gentiment de nous faire passer en premières, mais il se fait réprimander par un de ses collèges... Comme quoi, gruger les gens, sans pass VIP, ça passe un peu moins bien hein...😝. Nous faisons donc la queue, comme tout le monde, parce-qu'après tout il n'y a pas de raison. Mais l'heure tourne et au bout de 50 min ça n'avance toujours pas, il n'y a pas suffisamment de cars. Les esprits commencent à s'échauffer. Nous n'avons plus le temps de tergiverser et décidons pour notre part d'aller nous faire rembourser. Quelle frustration d'avoir perdu quasi 1h, pour au final ne pas voir du tout la statut de la liberté.😢Mais tant pis, on ne va tout de même pas rester là à se lamenter, je propose donc d'avancer, et étant dans le downtown, d'aller voir le fameux pont de Brooklyn.

16h10 : Nous débutons notre avancée vers le pont, en passant par Wall Street, mais je n'y vois pas le loup 😜, en revanche j'aperçois le taureau, une légende raconte que si vous grattez le nez, saisissez les cornes et les testicules du taureau, il vous apportera de la fortune. Il ne reste donc plus qu'à espérer que mon compte en banque soit plus garni en 2018. 😎

16h50 : Après s'être pavanées un peu (beaucoup) dans les rues, on débute enfin notre traversée sur le pont, qui relie Manhattan, à Brooklyn, il est aménagé sur différents niveaux et permet donc à la fois la circulation des voitures au niveau inférieur et la circulation des piétons et des cyclistes au niveau supérieur. Mais attention, il faut marcher sur sa ligne, et non sur celle des cycliste. Les malheureux qui s'y aventurent se font traiter de tous les noms 😅. 
Les touristes se bousculent sur le pont, et il est difficile de se poser pour prendre une photo dans cette tumulte, mais avec un peu de patience, nous parvenons quand même à faire quelques clichés et à profiter de la magnifique vue sur la skyline de Manhattan. 


17h40 : Nous sommes définitivement à la bourre, et à l'autre bout de la ville... Sans compter le fait que j'ai en tête d'aller acheter des UGG pour ma maman, elle m'avait dit que ce n'était pas nécessaire si je n'avais pas suffisamment de temps, mais cela faisait également partie de ma "mission", et je ne veux pas revenir les mains vides. Bref à court de temps, il n'est plus question de prendre le métro, je repère un starbuck pour la wifi, et je commande un uber, qui me déposerait sur Madison avenue, et Marine à l'hôtel sur Time Square. Le seul hic, on était en plein dans les heures de pointes, alors autant dire que le trafic est terrible... 


18h30 : On arrive sur Madison Avenue, je descends du uber. Marine me dit au revoir avec un regard inquiet, "tu es sûre hein ?" me demande-t-elle soucieuse. Je hoche la tête, et j'enchaîne sur un sprint, je me serai presque cru en final de "Pékin Express". Je trouve assez rapidement la boutique, et je fonce vers la paire qui me semblait le plus sortir du lot, et sans perdre de temps, je passe en caisse. 

18h50 : Coincée dans les bouchons again, je reste optimiste malgré tout, puisque je ne suis plus qu'à quelques blocs de l'hôtel. 

19h15 : Alléluia j'arrive enfin à l'hôtel, 15 min avant le wake-up call, I did it !! Mais bon, autant dire que je peux faire une croix sur ma sieste pré-vol... 😴

19h30 : Le téléphone sonne, pour nous "réveiller" (du moins, ceux qui ont eu la possibilité de dormir...). 1h pour se préparer, je fonce sous la douche, puis je me prépare rapidement, en essayant de camoufler mes cernes, mais en ce qui concerne mes yeux rouges écarlates, c'était perdu d'avance. 

20h30 : Départ à la navette, direction JFK international airport.


Le vol de nuit fut sacrément calme, puisque les 3/4 des passagers dormaient. Et pourtant je pense que c'est l'un des vols où j'avais le plus hâte d'arriver, je ne rêvais que d'une seule chose : mon lit douillet, et pour cause.

Et malgré la fatigue dû à ce marathon touristique, je ne regrette pas une seule seconde, je suis satisfaite d'avoir pu être le temps d'une journée, en immersion dans cette ville effervescente, car même si on a l’impression de l’avoir toujours connue ; tellement vue et re-vue à la télé, en photos ou au cinéma. On ne ressent réellement l'énergie New-Yorkaise qu'une fois sur place et en total immersion.